Train de la mémoire

Ceux qui oublient le passé sont condamnés à le répéter” d’après Georges Santayana.

L’origine du projet mené en 2018-2019

Nous sommes une équipe d’enseignants ayant repris un projet existant dans l’établissement depuis de nombreuses années. Martine Querette, ancienne directrice de Notre Dame de Sion Evry, en fut l’instigatrice, avec le Père Dujardin. Le but de celui-ci étant d’emmener des lycéens de 1ère et de Tale à Auschwitz en Pologne et de permettre à nos élèves l’accès à une réflexion approfondie sur la Shoah en les accompagnant dans leur cheminement.

La préparation et le lancement du projet

  • Ce voyage repose sur le volontariat de nos élèves. Durant l’année scolaire 2017-2018, nous avons présenté le projet à nos lycéens de 2nde et de 1ère. Ces derniers ont eu quelques semaines pour se porter volontaires via des lettres de motivation. Comme ce projet n’est pas un « simple » voyage de classe, celles-ci nous ont permis de juger l’engagement de nos jeunes et leur désir de s’associer à ce projet. Ce voyage a également pour objectif de faire de nos élèves des porteurs de mémoire au moment où nos témoins directs disparaissent peu à peu.
  • Le thème des « Justes parmi les nations » a été choisi pour notre établissement car il nous a semblé important de rappeler « la force du bien » (M-Halter) mais aussi parce que nous avons des Justes honorées parmi les sœurs de la congrégation Notre Dame de Sion dont l’une d’elles, Magda Zech, est enterrée ici, à Grand Bourg.
  • Les élèves ont été choisis durant le dernier trimestre de l’année scolaire 2017-2018 et ils se sont alors engagés à participer à une série de conférences d’avril à septembre 2018. Celles -ci ont évoqué : présentation chronologique générale sur la Seconde Guerre mondiale et la déportation – La politique anti-juive des nazies et l’extermination en Europe – La rafle du Vel d’hiv et le basculement de l’opinion publique – Le transport et le génocide : témoignages des rescapés. Une liste de lectures présentée à la rentrée 2018 a été proposée aux élèves afin d’approfondir leur motivation et réflexion sur le sujet.
  • À partir de septembre 2018, nous avons accompagné nos lycéens une heure par semaine pour les préparer à ce voyage, construire l’émission de radio et nous avons fait des visites et des rencontres en lien avec la Shoah et notre thème. Exemples :

– Le musée de la Shoah afin d’approfondir les connaissances sur la déportation

– Une conférence et une rencontre avec Philippe Boukara afin de mieux comprendre la notion de «  Juste »

– Le musée d’Art et d’Histoire du judaïsme afin de mieux connaitre le Judaïsme, son histoire et ses pratiques

 

Le voyage et le retour

  • Les jeunes sont partis du 18 au 23 novembre 2018 accompagnés par deux enseignantes et un parent d’élève. L’aller et le retour ont été faits en train (25 heures dans chaque sens) afin de comprendre le chemin pris par les déportés de France et permettre une réflexion collective. Dans le train, les lycéens se sont succédé dans un wagon « radio » afin de présenter leur thème et leur réflexion. Nos élèves ont choisi de d’évoquer les Justes en général, puis des sujets plus précis comme les sœurs de Sion honorées justes parmi les nations, Jan Karski et le cas de la ville de Chambon-sur-Lignon.
  • Sur place, ils ont participé à plusieurs visites et moments très forts de recueillement. Ils ont été particulièrement émus par les cérémonies en mémoire des disparus. La marche silencieuse des vivants en souvenir des morts a particulièrement marqué les esprits.
  • Au retour, nous avons souhaité rassembler de nouveau nos lycéens pour partager leurs questionnements d’ordre philosophique et religieux. Dès lors, nous avons organisé un repas avec les élèves afin de partager les ressentis de chacun. Ils ont pu parler librement et nous ont fait part de leurs émotions mais ont également fait des propositions pour l’avenir du projet.
  • Nous avons donc organisé, à leur demande, des rencontres avec des élèves plus jeunes de l’établissement (le 21 janvier pour la fête de l’établissement où l’on a honoré également les justes) et nous avons fait une visite du site de Drancy suivie d’un repas de falafels dans un restaurant typique de Paris.

Conclusion

Cette expérience fut très enrichissante. Cela nous a montré que nos jeunes désirent s’engager dans leur devoir de mémoire. Ils souhaitent mieux comprendre et mieux transmettre les événements. Certains désirent parler à leur entourage et aux autres élèves de ce projet, d’autres continuent à cheminer en silence dans leur réflexion. Nous accueillons au mieux toutes les façons d’exprimer cette expérience par les élèves. Ce projet n’est pas achevé.

Nous espérons pouvoir faire des ateliers de réflexions philosophiques et religieuses autour de certains thèmes (la mort, le bien, le mal, les croyances, le pardon…) avant la fin de l’année scolaire. De plus, nous désirons avoir un moment d’échanges avec les familles des élèves au cours duquel le travail de réflexion mené par nos jeunes serait présenté.

« On ne peut que donner deux choses à ses enfants : des racines et des ailes » Proverbe juif.