20 janvier 2025
Une Journée de Mémoire, de Partage et de Beauté
Chaque année, les établissements Notre Dame de Sion, en France comme à l’international, célèbrent avec ferveur une date particulière : le 20 janvier. Cette journée commémore la révélation de la Vierge à Rome au père Alphonse Ratisbonne.
Cette année, notre établissement a choisi de placer cette célébration sous le thème « Construire le beau à NDS », en s’inspirant des mots de Théodore Ratisbonne : « Tout doit contribuer à éveiller dans vos élèves le goût du vrai, du bien, du beau. »
Pour illustrer cette quête du beau, une magnifique rosace a été imaginée et créée par nos élèves. Ce projet symbolique incarne à merveille l’idée d’une construction collective : chaque élément qui compose la rosace a sa place spécifique et contribue à un tout harmonieux. Elle est une invitation à réfléchir sur la manière dont la vie elle-même est constituée de multiples expériences – la curiosité, la tristesse, la tendresse, la joie, la colère, la créativité, le dynamisme – qui, toutes ensemble, donnent du sens et de la profondeur à notre existence.
Cette rosace évoque également une dimension spirituelle puissante. Elle nous rappelle que ces éléments qui jalonnent notre quotidien peuvent nous mener vers une expérience esthétique et spirituelle unique. Pour Alphonse Ratisbonne, le chemin qui l’a conduit à la révélation fondatrice de sa conversion le 20 janvier peut être comparé à une telle rosace. Entre les lieux qu’il a traversés et l’église où la Vierge Marie lui est apparue, son expérience sensible s’est transformée, tout comme sa conception du beau. De cet événement marquant, il dira : « Je comprends maintenant l’amour des catholiques pour leurs églises, et la piété qui les porte à les orner, à les embellir… comme on est bien ici ! On voudrait ne jamais en sortir… ce n’est plus la terre, c’est presque le ciel. »
Ce matin, les élèves de terminale ont transmis aux élèves de sixième l’histoire de cette révélation fondatrice. Curieux et enthousiastes, les plus jeunes ont accueilli ce récit avec intérêt, découvrant non seulement l’origine et la portée de cette date symbolique, mais aussi la manière dont elle résonne avec notre thème de l’année.
Ainsi, cette journée du 20 janvier est bien plus qu’une commémoration. Elle incarne une dynamique vivante de partage, de réflexion et de création collective. La rosace, tout comme les échanges entre élèves, illustre cette quête du vrai, du bien et du beau qui anime Notre-Dame de Sion, faisant de cette date un moment d’unité et d’inspiration pour toute notre communauté éducative.
Réflexion
Quand je pense à tout ce qui est beau pour moi, je ne peux m’empêcher de fermer les yeux pour mieux contempler l’essence même de la vie, d’écouter chaque mot, le rythme de la musique, le son de la nature, les battements du cœur, le chant des oiseaux, d’assimiler tout ce que mes yeux m’ont permis de voir dans la variété des couleurs, des formes et des styles augmentant le trésor de la création du plus petit des êtres vivants à la plus grande manifestation de la vie, me faisant ainsi me sentir chanceuse. Derrière cette idée du beau, il y ainsi une multitude de choses, d’objets, d’actes et d’êtres vivants qui composent une sorte de mosaïque qui symbolise la création et l’acte créateur.
La rosace, choisie cette année pour représenter la construction du beau dans notre communauté éducative, est composée elle aussi de petits éléments où chacun occupe une place spécifique permettant un résultat global harmonieux ; en d’autres termes, chaque élément qui constitue la rosace apporte sa spécificité, sa taille, sa forme et sa couleur, qui tout ensemble enrichiront le résultat final. Elle demande, à l’instar, d’un tableau pointilliste de Georges Seurat ou des neiges éternelles peintes par le fauvisme, d’être abordée selon des perspectives et des distances différentes afin de saisir à la fois combien l’harmonie produite par l’unité est le résultat d’un processus d’intégration de toutes les différences. En apportant la singularité de chaque élément, on obtient la reconnaissance de l’autre dans sa différence, de telle sorte que la variété et l’intensité participent à la construction de la beauté et de l’unité, dans le respect de l’identité de chaque élément.
Pour chacun d’entre nous aujourd’hui, cette rosace se veut une invitation à voir comment et combien la vie est composée de différentes expériences qui nous amèneront à vivre différentes situations qui provoquent la curiosité, la tristesse, la tendresse, la joie, la colère, la créativité, le dynamisme…Ces éléments qui constituent notre vie quotidienne pourront nous amener à vivre une expérience spirituelle unique au point de transformer notre vie en une expérience esthétique puissante. En effet, suivant sur ce point le philosophe Jacques Rancière, l’esthétique renvoie en à un « partage du sensible » où s’établissent à la fois la part commune et les parts respectives des hommes dans la perception de l’expérience et sa formulation.
Pour Alphonse Ratisbonne le chemin qui le mènera à l’expérience fondatrice de sa conversion peut se comparer à une telle rosace. Entre lieu où il séjourne et l’église où la Vierge Marie lui apparaît, son expérience sensible aura changé et sa conception du beau aussi. Il observera à la fin de son périple du 20 janvier : « Je comprends maintenant l’amour des catholiques pour leurs églises, et la piété qui les porte à les orner, à les embellir…Comme on est bien ici ! on voudrait n’en jamais sortir…Ce n’est plus la terre, c’est presque le ciel ».
Sara Hernandez
Adjointe en pastorale